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Comment savoir si l’on traverse une anxiété ou une dépression ?

Comment savoir si l’on traverse une anxiété ou une dépression ?

Publié le 31 décembre 2025

Se demander « est-ce de l’anxiété ou de la dépression ? » est souvent le signe que quelque chose ne va plus vraiment à l’intérieur.

On se sent mal, mais on ne sait pas exactement comment nommer ce malaise, ni quelle est la différence entre ces troubles psychologiques qui affectent profondément la santé mentale. On est fatigué, tendu, préoccupé, parfois vidé, parfois en alerte permanente. Les mots manquent, et avec eux viennent la confusion, l’inquiétude, voire la peur de « perdre pied ».

Anxiété et dépression sont deux troubles mentaux majeurs, fréquents, et pourtant encore largement mal compris. Ils partagent de nombreux symptômes physiques et psychiques, peuvent s’alimenter l’un l’autre et, chez beaucoup de personnes, coexistent dans différentes formes de dépression et de troubles anxieux.

Cet article a un objectif simple : t’aider à comprendre ce que tu vis, à comment distinguer ces troubles, à reconnaître leurs zones de recouvrement, et surtout à savoir quand et comment chercher de l’aide de manière juste et efficace auprès d’un professionnel de santé.

Pourquoi est-il si difficile de faire la différence entre anxiété et dépression ?

D’abord parce que les deux troubles partagent des symptômes transversaux : fatigue, troubles du sommeil, insomnie, difficultés de concentration, irritabilité, repli social. Quand on vit cela au quotidien, on a surtout l’impression d’être « détraqué », pas de cocher une case précise.

Ensuite parce que l’un peut nourrir l’autre. Une anxiété qui dure épuise les ressources mentales, fragilise l’estime de soi, désorganise le sommeil et l’humeur. À l’inverse, une dépression peut déclencher une anxiété secondaire : peur de ne plus y arriver, peur des conséquences au travail, peur de « ne jamais redevenir comme avant ».

Enfin, parce que la vie réelle ne suit pas des catégories parfaites. Un même événement (deuil, rupture, conflit, surcharge, traumatisme, burn out) peut déclencher des réactions qui se mélangent : agitation et abattement, ruminations et vide, hypersensibilité et apathie.

Anxiété : comprendre ce mécanisme d’alerte qui reste bloqué

L’anxiété est, à la base, une fonction normale du système nerveux. Elle sert à anticiper le danger, à se préparer, à mobiliser l’énergie. Mais l’anxiété peut devenir un véritable trouble anxieux lorsqu’elle s’installe dans la durée, devient difficile à contrôler et commence à réduire la liberté de vivre, parfois jusqu’à provoquer un arrêt de travail.

Comment fonctionne concrètement l’anxiété ?

Dans l’anxiété, l’esprit fonctionne comme un moteur de scénarios. Il cherche ce qui pourrait mal se passer, il scanne, il anticipe, il vérifie. Cette hypervigilance peut être épuisante, car elle ne laisse que peu de répit au système nerveux.

Reconnaître les symptômes de l’anxiété

Les symptômes de l’anxiété peuvent s’exprimer sur plusieurs plans, émotionnel et mental, mais aussi dans tout le corps.

Sur le plan émotionnel et cognitif, on retrouve souvent une inquiétude excessive, des ruminations, des doutes, un sentiment de perte de contrôle, parfois des obsessions ou une peur diffuse sans objet clair.

Sur le plan physique, apparaissent fréquemment des palpitations, des tensions musculaires, des sueurs, des tremblements, des vertiges, des troubles physiques digestifs et des troubles du sommeil, signes caractéristiques des troubles anxieux.

Les différents visages de l’anxiété

Une anxiété aiguë peut survenir avant un examen, un entretien, un voyage. L’anxiété chronique, elle, s’installe dans la durée. Les symptômes s’intensifient, les évitements se multiplient et la vie se réorganise autour du trouble, parfois jusqu’au trouble panique.

Dans ces situations, une psychothérapie permet d’agir en profondeur sur les mécanismes de l’anxiété, tandis que certaines personnes peuvent bénéficier, selon les cas, d’un anxiolytique prescrit temporairement. En parallèle, des pratiques de relaxation et une activité physique régulière contribuent à réduire les symptômes de l'anxiété et la tension interne ainsi qu'à soutenir durablement l’équilibre émotionnel.

Dépression : comprendre l’effondrement de l’élan intérieur

La dépression est un trouble profond de l’humeur qui affecte les émotions, la motivation, la pensée et le corps. La dépression peut être réactionnelle, chronique, dépression saisonnière, ou correspondre à un épisode dépressif unique ou récurrent, parfois intégré dans un syndrome dépressif plus large.

Comprendre la dépression à travers l’anhédonie et le ralentissement

Beaucoup de personnes résument la dépression à « être triste ». En réalité, un repère très discriminant est l’anhédonie : le fait de ne plus ressentir de plaisir, même dans ce qui faisait du bien avant. Cela peut coexister avec une tristesse, mais parfois c’est surtout un vide, une indifférence, une absence d’envie.

Le ralentissement est un autre symptôme de la dépression : gestes plus lents, pensée brouillée, difficulté à démarrer, sensation que tout demande un effort disproportionné. À l’inverse, certaines dépressions s’accompagnent d’agitation interne ; c’est une forme souvent mal comprise, parce qu’elle peut ressembler à de l’anxiété.

Les symptômes de la dépression

  • Sur le plan psychique : humeur triste ou vide, pessimisme, culpabilité excessive, faible estime de soi, difficultés de concentration, indécision, sentiment d’inutilité, idées noires.
  • Sur le plan physique : fatigue persistante, douleurs inexpliquées, troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie), variations de l’appétit et du poids, baisse de libido, lourdeur corporelle.
  • Sur le plan comportemental : retrait, négligence de l’apparence, perte d’initiatives, abandon d’activités, réduction des interactions sociales, parfois absentéisme.

À partir de quand parle-t-on réellement de dépression ?

Un repère classique utilisé par les cliniciens : la persistance des symptômes et leur impact. Quand la souffrance s’installe sur plusieurs jours, puis semaines, et que la vie quotidienne se dégrade réellement (travail, études, relations, hygiène de vie), on n’est plus dans un « coup de mou ». Cela mérite une évaluation.

Un premier repère pour distinguer anxiété et dépression

On lit souvent : l’anxiété regarde le futur, la dépression regarde le passé. C’est un repère utile, mais incomplet.

  • Dans l’anxiété, le futur est perçu comme un terrain à risques. On anticipe, on veut éviter l’erreur, on cherche des garanties, ce qui peut augmenter les symptômes physiques de l'anxiété.
  • Dans la dépression, le futur peut apparaître fermé, inutile, sans perspective. Le passé, lui, peut nourrir la culpabilité ou les regrets.

Mais la vraie différence n’est pas uniquement temporelle. Elle se joue aussi dans l’énergie, le plaisir, et la façon dont le système nerveux se règle.

Le niveau d’énergie : trop d’activation vs effondrement

Dans l’anxiété, il y a souvent une suractivation : vous êtes épuisé, mais « branché ». Vous avez du mal à ralentir, à décrocher, à dormir.

Dans la dépression, il y a souvent un effondrement de l’élan : difficulté à démarrer, sensation de lourdeur, perte d’initiative, même quand on veut « se secouer ».

Attention : certaines dépressions sont agitées. On se sent nerveux, irritable, incapable de se poser, tout en étant profondément désespéré. C’est précisément pour ça qu’il faut éviter les conclusions rapides et savoir différencier ces troubles.

Le plaisir : l’anhédonie est un signal fort

Si le plaisir disparaît durablement, même dans les petites choses simples, c’est un signal souvent plus en faveur d’un état dépressif. L’anxiété peut diminuer le plaisir parce qu’on est préoccupé, mais il reste souvent accessible quand la pression baisse.

La pensée : scénarios catastrophes vs vision noire et fixe

Dans l’anxiété, la pensée est mobile, rapide, saturée de « et si… ». Elle cherche une sortie, une solution, une prévention.

Dans la dépression, la pensée est plus lente, plus lourde, souvent répétitive autour de thèmes de dévalorisation (« je suis nul », « ça ne sert à rien », « je n’y arriverai pas »), avec une impression de vérité figée.

Le corps : tension vs inertie (avec exceptions)

Dans l’anxiété, le corps est souvent envahi par la tension. Les muscles restent contractés, la respiration devient courte ou saccadée, le cœur bat plus vite, l’estomac se noue, comme si l’organisme se préparait en permanence à un danger imminent.

Dans la dépression, l’expérience corporelle est différente. Le corps paraît plus lourd, plus lent, parfois douloureux sans raison apparente. La fatigue est profonde, diffuse, et s’accompagne souvent d’une sensation d’engourdissement ou de corps « cotonneux », comme si l’énergie vitale s’était retirée.

Il est toutefois important de rappeler que ces repères ne sont pas absolus. Une anxiété prolongée peut épuiser au point de donner cette même impression de lourdeur et de ralentissement, tandis qu’une dépression peut s’accompagner d’une agitation intérieure, de tensions corporelles et de multiples manifestations somatiques.

Anxiété et dépression combinées : comprendre le syndrome anxio-dépressif

Beaucoup de personnes ne vivent pas « l’un ou l’autre », mais un mélange. On parle parfois de syndrome anxio-dépressif quand les deux ensembles de symptômes sont présents : inquiétude et abattement, agitation et perte d’envie, ruminations et fatigue, troubles du sommeil, isolement.

Ce tableau est fréquent, et souvent déstabilisant, parce qu’il donne le sentiment d’être pris dans une contradiction permanente : peur et vide, tension et épuisement. La bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas rare, et qu’il existe des prises en charge efficaces. La mauvaise nouvelle, c’est qu’il mérite vraiment une évaluation sérieuse, car l’autogestion "au hasard" peut aggraver les choses.

Les causes et facteurs de risque de l’anxiété et de la dépression

Ni l’anxiété ni la dépression ne se résument à « un manque de volonté ». Les facteurs se combinent, différemment selon les personnes.

On retrouve souvent des déclencheurs comme un choc émotionnel (deuil, séparation, conflit), un stress prolongé (travail, charge mentale, précarité), un traumatisme, des difficultés relationnelles, des problèmes de santé chroniques, des douleurs persistantes, un contexte familial difficile, parfois une vulnérabilité biologique ou héréditaire.

Il existe aussi des facteurs qui entretiennent le cercle : manque de sommeil, alcool, consommation de substances, isolement, sédentarité, surconsommation d’écrans le soir, carences, rythme de vie désorganisé. Ce sont des variables sur lesquelles on peut agir, sans pour autant réduire le trouble à « une hygiène de vie ».

Pourquoi seul un professionnel peut poser un diagnostic fiable ?

Seul un professionnel peut poser un diagnostic. Pas par autorité abstraite, mais parce que certains tableaux se ressemblent et demandent une analyse différenciée.

Un clinicien va notamment vérifier :

  • la durée et l’intensité des symptômes,
  • l’impact sur le fonctionnement (travail, études, relations, hygiène),
  • la présence d’idées suicidaires ou d’auto-agressivité,
  • les comorbidités (autres troubles anxieux, addictions, douleur chronique, trouble du sommeil),
  • les diagnostics voisins possibles : burnout, trouble bipolaire, dysthymie, trouble panique, stress post-traumatique, troubles somatiques, effets secondaires de médicaments, troubles endocriniens.

C’est aussi pour ça qu’il est déconseillé de « se coller une étiquette » et de choisir un traitement au hasard.

La dépression et l’anxiété se soignent, et leur prise en charge repose le plus souvent sur une approche structurée et progressive. Parmi les méthodes reconnues, la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) occupe une place centrale dans le traitement de la dépression et des troubles anxieux. Elle aide à identifier les schémas de pensée négatifs, à modifier les comportements qui entretiennent la souffrance et à développer des stratégies concrètes pour faire face aux situations difficiles. Selon la situation et l’intensité des symptômes, cette thérapie peut être complétée par un suivi médical et, si nécessaire, par les antidépresseurs, afin de construire une prise en charge adaptée, cohérente et durable.

Comprendre pour avancer, un pas après l’autre

Anxiété et dépression ne sont ni des faiblesses, ni des étiquettes figées. Ce sont des états psychiques complexes, évolutifs, profondément humains, qui traduisent un déséquilibre entre ce que l’on vit, ce que l’on porte, et les ressources dont on dispose à un moment donné.

Apprendre à distinguer l’anxiété de la dépression, à reconnaître leurs mécanismes, leurs symptômes et leurs interactions, permet de reprendre un peu de pouvoir sur ce que l’on traverse. Pas pour se diagnostiquer seul, mais pour mieux comprendre, mieux s’orienter, et surtout ne plus rester isolé avec sa souffrance.

Il existe des prises en charge efficaces, des professionnels compétents, et des chemins de mieux-être possibles, même lorsque tout semble confus ou bloqué aujourd’hui.

La première étape n’est pas de savoir dans quelle “case” tu entres, mais d’accepter que ce que tu ressens mérite de l’attention, de la compréhension, et du soutien.

Et ça, c’est déjà un pas essentiel.

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Ayoub Zero

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Plume plutôt posée qu’angoissée, s’intéresse à la pression et aux stress du quotidien quand elle pointe le bout du nez.
Il note un moment précis, lit la recherche liée, décortique chaque donnée utile.
Il teste ensuite : balle en liège, minuteur respiratoire, carnet de gratitude, objets simples, verdict approuvé.
Son credo : transformer la théorie en gestes concrets, rapidement applicables.
Textes courts, conseils pratico-pratiques, ton léger ; l’idée reste la même : montrer qu’alléger la tête peut tenir dans trois actions bien choisies.

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